12 juin, 2016 / par Serge Gastineau

TADASANA
Au fil des années, pratiquant régulièrement les asanas, j’ai pris conscience que la
plus simple d’entre elles, a priori la plus facile, était loin de retenir toute mon
attention.
Tadasana, La posture de la montagne. J’avais du mal à la mettre en place et à y
rester. Je la pratiquais sans attention particulière n’aspirant qu’à baisser les bras (!)
et à en sortir, animée d’une légère impatience jusqu’à la posture suivante. Je n’étais
pas pleinement dans la posture, je la négligeais. Elle n’était pas assez physique, trop
statique, a priori peu séduisante, mais…
Il y a quelques temps j’ai relu les mots de mon professeur, déclarant que les deux
postures les plus difficiles, à son sens, sont tadasana et savasana. Je me suis
interrogée sur le sens de sa déclaration un peu mystérieuse ! Elle a fait écho à mon
vécu.
Dès lors, en pratiquant tadasana j’ai ressenti dans mon corps cette faille et aussi ce
manque. Quelque chose n’allait pas. Je zappais, comme on dit, la posture. Elle était
un simple mouvement de gymnastique, inerte et sans matière. Ma respiration, les
bras en l’air, devenait difficile. Je la fuyais et ne la comprenais pas.
Puis lentement, mon travail s’est modifié et j’ai pris conscience petit à petit de la
signification de tadasana et de sa richesse si on la pratique avec attention et
bienveillance, si on prend le soin et le temps nécessaire de se relier à notre intimité.
Tadasana nous permet alors chaque matin de se tenir debout pour faire notre devoir
d’humain. La posture juste nous invite à être dans la conscience, dans la présence
de la conscience qui nous habite. Elle nous relie à la terre, de par l’ancrage et
l’équilibre qu’elle suscite.
Tenir la posture pour s’enraciner, prendre confiance en soi, se concentrer, renforcer
et dynamiser tout le corps, développer la coordination et le maintien. Être à l’écoute
de sa respiration, accueillir ce qui est.
Vivre pleinement Tadasana pour percevoir le qi, en médecine chinoise le souffle vital
ou énergie vitale qui circule dans notre corps, pour le libérer et qu’il soit harmonieux.
Aller à la rencontre de cette force naturelle qui nous fait tenir debout, juste debout,
avant de pouvoir avancer !
Monique D.